Après le succès retentissant de Puzzle (élu album de l’année outre-manche par le magazine Kerrang), Biffy Clyro était attendu de pied ferme pour son nouvel album.
Only Revolutions poursuit sur la voie ouverte par son prédécesseur : un rock énergique et inventif, plus accessible mais sans aucune concession pour autant. La recette du succès à coup sûr.

Biffy Clyro est sorti du lot en 2007 en Grande-Bretagne avec l’album Puzzle, encensé par la critique et le public. Un succès provoqué par une musique plus accessible tout en restant dans l’esprit unique du trio écossais. Quitte à laisser certains fans de la première heure sur le bas côté de la route.
Avec Only Revolutions, la volonté du groupe de toucher le plus grand nombre d’auditeurs se ressent encore plus. L’assaut sonore a commencé avant la sortie de l’album avec Mountains, plus gros succès single du groupe, finalement intégré au nouvel opus. Une introduction au piano tout en douceur, avant 3 minutes d’énergie pure à coups de refrain ultra fédérateur (“I am the mountain, I am the sea / You can’t take that away from me”).
L’album commence par The Captain et ses instruments à vent qui peuvent faire fuir le fan à la première écoute. Pourtant, le titre livre son intérêt à force d’entendre les “OhOhOhOh” du refrain qu’on se surprend à reprendre tout seul dans sa salle de bains. Puis vient That Golden Rule et le retour du son identifiable de Biffy Clyro, rythme à 100 à l’heure et riffs de guitare puissants. Le final avec les instruments à cordes vient clore la boucle instrumentale entamée avec Living Is A Problem Because Everything Dies, morceau d’ouverture d’anthologie de Puzzle.
Le sans faute se poursuit avec Bubbles, première vraie pépite de l’album. Du rythme, une boucle de guitare immédiatement accrocheuse, un refrain en béton. Et surtout un final instrumental maîtrisé de bout en bout, où Josh Homme vient gratter de la guitare. Un conseil : à écouter avec un casque, pour apprécier les boucles sonores qui viennent s’entremêler pour le plus grand plaisir de l’auditeur. God & Satan offre une première pause bienvenue, même si le titre n’égale pas un Eleanor du précédent album.
Born On A Horse sonne l’heure de la récréation avec ses paroles dénuées de sens. Un titre qui déçoit quelque peu par son manque d’originalité, marque de fabrique de Biffy Clyro. Le niveau remonte aussitôt avec Mountains, titre qui mérite complètement de figurer sur l’album tant par sa complémentarité avec les autres titres que par sa puissance propre.
Le titre suivant, Shock Shock, est maîtrisé de bout en bout, pour une composition poussée dans ses derniers retranchements. Many Of Horror, deuxième accalmie de ce nouvel opus, déçoit pour les mêmes raisons que God & Satan. Mais l’enchaînement à venir va définitivement enfoncer le clou.
Booooom, Blast & Ruin fait taper du pied dès la première note. Pas d’originalité ici mais une efficacité redoutable du début à la fin. Puis vient Cloud Of Stink, autre pépite de l’album. Des choeurs venus d’ailleurs, le batteur ou le bassiste qui donne de la voix avant de laisser la place au chanteur et un pont qui fait tomber les derniers murs encore en place jusqu’au mur de guitares de conclusion.
Know Your Quarry calme le jeu avec une pop taillée pour la radio. On se suprend à chantonner le refrain (“I just want to feel your body / I want you to know your quarry”) dès la premire écoute. Des paroles mises en relief par des cordes très présentes qui apportent une réelle ampleur au titre. Un prochain single à coup sûr. La dernière page de l’album se tourne avec Whorses, synthèse du son actuel de Biffy Clyro, tout en énergie et mélodie.
Au final, Only Revolutions est taillé pour le succès, bien qu’il reste en-dessous de la barre placée très haute par son prédécesseur Puzzle. En 2009, Biffy Clyro joue en première partie de Muse à Bercy, passe à la télévision anglaise, s’offre des clips aux airs de mini-Pirates des Caraïbes (la vidéo moyenne de The Captain) et fait la couverture de tous ls magazines musicaux anglais. Mais Biffy Clyro reste fidèle à lui-même : un groupe au succès venu après plusieurs albums, et qui cherche continuellement à se renouveler dans son approche de la musique. “Le nouveau meilleur groupe de rock britannique”, comme a titré dernièrement la presse outre-manche ? Si le reste de son oeuvre est de cette qualité, sans nul doute.
Derniers commentaires